La pornographie, moyen de soumettre les femmes

Selon une théorie féminise radical, la pornographie servirait à entretenir la subordination des femmes en confortant ses consommateurs, hommes comme femmes, à voir les femmes comme des objets sexuels sur lesquels les hommes devraient avoir un contrôle total. Différentes variables du General Social Survey (l’enquête sociale) ont été utilisée pour tester les hypothèses que les consommateurs de pornographie seraient plus opposés à l’égalité des sexes que ceux qui ne consomment pas. Mais les résultats ne vont pas dans le sens des thèses issues des la théorie radicale féministe. Les consommateurs de pornographie se voudraient plus égalitaires – envers les femmes dirigeantes, celles qui ont un travail et face à l’avortement – que ceux qui ne regardent pas de pornographie. De plus, les consommateurs  et les non consommateurs n’ont pas de différences sur la question de la famille traditionnelle et dans leur propre rapport au féminisme. Les résultats de cette étude suggèrent que la consommation de pornographie ne peut pas être associé à un comportement non égalitaire d’une manière qui entretienne la théorie radicale féministe.

 

Malgré près de 40 ans d‘études scientifiques sur la question de la pornographie, beaucoup des effets de la consommation de sexe explicite reste mal connu. Pendant ce temps, le débat sur les effets d’une exposition au porno a divisé. Certains cliniciens, chercheurs et sociologues ont adopté l’idée que la pornographie peut améliorer la sexualité en fournissant des informations réelles, limitant la honte et l’angoisse associées au sexe et stimulant la libido. A l’opposé, d’autres ont affirmé que l’usage de la pornographie peut engendrer des comportements à risques, affecté la santé mentale et le bien-être, détériorer les relations sociales et bien sûr favoriser les agressions sexuelles.

Les féministes radicales sont à l’origine de la plupart des débats actuels sur les risques potentiels de la consommation de pornographie. Selon ce point, toutes ou presque toutes les images explicites proposent une vue distordue de la sexualité, dans laquelle les femmes sont montrées comme des « pantins anonymes, des jouets pour adultes, des objets déshumanisés, abusés, cassées et mises au rebut ».  De telles qualifications de la pornographie ne concernent pas seulement les actes les plus extrêmes, dans la mesure où la représentation de la nudité au cœur de la pornographie contemporaine est un mépris des femmes. Il n’est pas nécessaire de regarder les images très violentes ou du sadomasochisme pour arriver à cette conclusion. Ceux qui adoptent une perspective féministe radicale assurent qu’être confronté à la pornographie dénigre les femmes et augmente l’acceptation que les femmes sont inférieures aux hommes et que c’est approprié pour les femmes d’être asservies, sexuellement et autrement par leurs partenaires masculins. Il est clair qu’à partir de cette ligne de pensée que les effets de la pornographie ne devraient pas être limités seulement à l’assujettissement  des femmes, les théoriciens affirmant que la dépendance à la pornographie contribuent une structure et des pratiques inégalitaires évidentes à travers la société ». De telles conceptions de la pornographie, à la fois comme forme de discrimination sexuelle et comme source de comportements de discrimination et d’assujettissement ont contribué à des tentatives visant à promouvoir l'égalité des sexes en censurant la pornographie aux Etats-Unis et l’Union Européenne et ont réussi avec succès influencé la législation sur la définition de l’obscénité au Canada.

 

Plus que les origines de la discussion actuelle, les principes de la théorie radicale féministe ont aussi facilité un grand nombre de recherche sur les liens entre l’utilisation de la pornographie et l’objectivation de la sexualité, et même plus de recherches sur l’impact de la consommation sur les agressions sexuelles. Ces écrits traitent de la question importante dans la mesure où ces comportements concernant l’inégalité entre les sexes sont considérés comme étant le résultat de l’objectivation sexuelle décrite dans ces images et les attitudes vis à vis de l’assujettissement de la femme est souvent théorisé pour à la fois être médiateur et modérer le lien entre pornographie et agression sexuelle. Malheureusement, les études concernant les rapports entre la consommation de porno, l’objectivation sexuelle et l’agression sexuelle, évaluent rarement les comportements envers l’égalité des sexes en particulier. De plus, des articles récents sur des écrits à propos de l’utilisation de la pornographe et l’agression sexuelles ont révélé d’importantes lacunes tant conceptuelle que méthodologies dans les recherches menées dans ce domaine et ont conclu plu s ou moins que l’usage de la pornographie soit ne contribue pas à la violence sexuelle ou seulement dans des cas très limités de consommateurs qui seraient prédisposés aux agressions sexuelles. D’après de telles recherches, il reste très difficile de dire si la consommation de porno affecte les comportements envers les inégalités sexuelles.

 

Pour l’heure, peu de recherches comparatives ont étudié l’impact direct de l’usage de la pornographie et sur l’acception de l’inégalité entre les sexes. Parmi les études disponibles, un petit nombre a produit des résultats en lien avec la théorie féministe radicale. Par exemple, un laboratoire de recherche a montré qu’une exposition  à la pornographie peut faire baisser la soutient à la cause de la libération des femmes. Plus encore, des enquêtes plus anciennes étudiant une exposition volontaire à la pornographie ont montré que des hommes qui regardent de la pornographie plus violente et dégradante ont une attitude inégalitaire plus traditionnelle vis à vis des femmes. Des recherches sur des adolescents a montré que la consommation de porno est associée à une acceptation moins progressiste des genres (à savoir une plus grande adhésion à des stéréotypes de genre rigides) chez les femmes mais pas chez les hommes. Finalement, une étude récente menée sur des personnes âgées de 18 à 30 ans vivant dans la deuxième ville la plus importante du Danemark est tout aussi révélatrice. Avant d’être soumis a expérience aléatoire, une évaluation des caractéristiques de base a révélé que la consommation de pornographie a été associée à des attitudes inégalitaires autant que du sexisme hostile chez les hommes mais pas chez les femmes qui regardent du porno.

 

À certains égards, les résultats de référence présentés par Hald et ses collègues (2013 ) semblent être relativement concluants : ils on tpris un échantillon représentatif, ils sont définis des comportements non égalitaires clairs et les résultats n’étaient pas limités à la consommation de matériel explicitement violent ou dégradant. Dans le même temps, leur stratégie d’échantillonnage était limité à de jeunes adultes et à un nombre de seulement 200. Et même s’ils ont ces aspects de côtés, les résultats se tiennent ; aucune autre étude comparable montre l’association entre la consommation de pornographie classique (pas spécialement violente ou dégradante) et des comportements non égalitaires. Et des études expérimentales moins importantes et non d’autres non expérimentales n’ont pu trouver de tels rapports. Plus spécifiquement, des études expérimentales qui avaient donné de manière aléatoire mis les participants en face de stimuli pornographiques et d’autres non sexuels ont échoué à montrer toute influence de la pornographie sur les participants à propos de l’inégalité des genres. Dans une étude particulièrement révélatrice, les chercheurs ont tenté de manipuler l'objectivation sexuelle dans un cadre expérimental en permettant aux participants d'exercer différents degrés de contrôle sur la présentation des images pornographiques (par exemple, la possibilité de zoomer sur les éléments de l'image pour encourager le réductionnisme. Cette étude n’a déterminé aucun impact d’objectivation sexuelle sur des comportements non égalitaires. De la même manière, les études qui ont impliqué à la fois des étudiants sous diplômés et des consommateurs de porno non étudiants ont également échoué à établir une corrélation réelle entre la consommation de porno et les attitudes inégalitaires envers les femmes ou le soutient pour l’équité des droits.

 

Pris ensemble, il semble que des preuves à étayer la théorie féministe radicale concernant le rôle de la pornographie dans le maintien de l'inégalité structurée entre les hommes et les femmes restent sans fondements. Et pourtant de nombreuses féministes continuent de penser que la vue de pornographie pousse les hommes à avoir une vision négative de la femme.

 
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